Table-qui-ne-tourne-pas-rond
Métiers de la communication & DIGITAL : rien que l’intitulé de la table-ronde me laisse perplexe. Métiers de la communication, passe encore, mais Digital ? Ce mot qui veut à la fois tout et rien dire ne m’en évoque que trois autres : numérique, technologie.. et Digimon (oui je sais, ça promet).
Mais enfin, les métiers de la communication, le numérique et toussa, ça nous concerne en tant qu’ISIC-iens ; je me motive donc à aller jeter un petit coup d’œil.
Je ne m’attendais pas à être happée par un tel tourbillon de modernité, qui m’a d’ailleurs filé un sacré mal de crâne. Et que ça y va du vocabulaire technique, bourré de termes spécifiques aux sonorités anglo-saxones obscures : SoLoMo (Social Local Mobile), Social gaming, Crowfunding, Subscription based e-commerce, etc…
J’ignorais que je vivais dans un monde hyper-technologisé, hyper-codifié, hyper-tout-ce-que-tu-veux. « La norme aujourd’hui, c’est le changement », nous avait pourtant prévenu le chercheur Didier Chauvin. Un changement à la fois si profond et continu que nous sommes incapables de le comprendre dans sa globalité.
Je me pose (à moitié) sérieusement la question : vivent-ils dans une dimension parallèle-numérisée à milles lieux de la réalité du commun des mortels, ou est-ce moi qui suis totalement dépassée par le monde tel qu’il est devenu, comme propulsée accidentellement dans le futur ?
Larguée mais pas ignare (eh oh, je vous vois venir avec vos « ah ouais ? »), deux problématiques ont tout de même retenu mon attention :
- Quelles sont les conséquences du numérique sur les métiers de la communication ?
D’après le chercheur Didier Chauvin, c’en est fini de la codification stabilisée des métiers. On assiste aujourd’hui à une vaste restructuration des métiers et à une recomposition des organisations : le triptyque information-communication-médias est maintenant au cœur de toutes les logiques, et n’est plus l’apanage des communicants.
Julien Maingraud, directeur de clientèle pôle Digital chez TBWA/Compact, ne semble pas partager entièrement ce point de vue : si la communication par le biais des TIC est devenu un enjeu fondamental des organisations, cette révolution numérique ne doit pas nous faire perdre de vue que les TIC sont de simples outils, et ne se révèlent efficaces que si l’on sait s’en servir. Les communicants, qui disposent de connaissances et savoirs-faire spécifiques en matière de TIC, occupent donc plus que jamais un rôle majeur dans notre société de l’information et de la communication.
- Comment appréhender ces mutations ?
Pour Didier Chauvin, l’adaptation à ce nouvel environnement passe avant tout par sa compréhension. La compétence majeure d’un communicant réside selon lui dans la capacité à penser et structurer l’environnement. « De nouveaux métiers émergent et on ne sait même pas d’où ils sortent. On nous forme à des métiers qui n’existent pas encore ». D’où la nécessité d’une adaptation constante des communicants à leur milieu.
Julien Maingraud considère que c’est justement ce processus d’adaptation constante « qui rend le métier de communiquant passionnant. Les mutations actuelles font qu’il faut sans cesse réinventer. Or, qui aujourd’hui peut se vanter de réinventer constamment son métier ? ».
Et de donner un conseil aux étudiants communicants : « on évolue petit à petit vers le Web 3.0, où chacun peut devenir média tant qu’il est relayé. Pour vous distinguer, vous devez vous poser la question : en quoi êtes-vous unique ? En quoi êtes-vous différent des autres, et comment pouvez-vous apporter votre propre vision à une entreprise ? ».
La table-ronde touche à sa fin et je regarde s’éloigner tous ces « hyper-communicants », Mac sous le bras et Iphone à la main, tandis que je remballe mon carnet d’écriture et rallume mon vieux Nokia.
Ariane C



Isic Rider
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