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Prendre La clé des champs

Les vacances d’été à la campagne se révèlent bien longues pour ce petit garçon en séjour chez ses cousins. Errant à travers champs dans une tentative désespérée de tromper l’ennui, celui-ci fait un jour la découverte d’une mare à l’écart du village ; cette mare abandonnée et les étranges créatures qui la peuplent deviennent un royaume fascinant pour l’enfant, un refuge face au monde énigmatique des adultes. Mais l’irruption d’une petite fille farouche et fugitive viendra troubler la tranquillité rassurante de la mare, et obligera le petit garçon à partager ce royaume qu’il croyait sien. Trois ans de tournage auront été nécessaires à Claude Nuridsany et Marie Pérennou pour réaliser La clé des champs ; sous de faux airs de documentaire animalier, ce long-métrage se révèle être un mélange inédit entre réalisme et fantastique. « Nous voulions que ce film ait la tonalité d’un conte », nous confie Marie Pérennou, « et les enfants ont cette façon d’être ancrés à la fois dans la réalité et dans leur imaginaire ». C’est donc tout un univers enfantin qui est recréé autour de la mare, dont la surface joue en quelque sorte le rôle de frontière entre le monde réel du dessus, et le monde rêvé du dessous. « La mare est un milieu magique de par ce miroir ondulant de la surface », affirme Claude Nuridsany. « Le film progresse entre le côté solaire des libellules, celui un peu miraculeux des araignées d’eau, et puis après il y a ce côté fantastique des profondeurs, la fascination des choses que l’on ne connaît pas et qui nous attirent. C’est un peu la relation de ce petit garçon avec la vie, entre sa partie solaire, émerveillante, et ses zones d’ombre qui l’attendent aussi ».

Cette mise en scène métaphorique de la mare et de ses animaux éveille l’imaginaire du spectateur, qui attribue du sens à ce qu’il voit en fonction de son propre ressenti. « Nous tenions beaucoup à ce que le spectateur n’ait pas un regard purement analytique; nous essayons de faire des films qui soient des pistes à l’imaginaire, qui laissent la possibilité d’interpréter ». Un univers particulier au sein duquel le spectateur est libre de pénétrer, comme il peut tout aussi bien demeurer en son seuil. Et au vu de certaines critiques dont La clé des champs fait l’objet, l’accès n’y est malheureusement pas toujours garanti… Mais comme le dit si justement le vieil original du film, quand on aime regarder la nature les autres s’imaginent que quelque chose ne tourne pas rond chez vous. Un univers quelque peu marginal donc ; mais qui se révèle une charmante invitation à la rêverie et l’abandon si l’on se donne la peine de l’explorer.

« Aller au milieu des herbes folles simplement pour regarder, ça semble étrange. C’est en effet perçu comme un comportement marginal, mais c’est très relatif puisqu’il suffit de se baisser d’1m50 pour rejoindre ce pays fabuleux. »

Ariane C.

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1 Commentaire

  1. Ton article donne envie d’aller voir le film!

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