« Et si on est des citoyens, alors aux armes la jeunesse, Ma France à moi leur tiendra tête, jusqu’à ce qu’ils nous respectent. »
La liberté guidant le peuple, Delacroix
Que j’allume la télé ou la radio, que j’ouvre un journal ou une page Internet, je tombe depuis quelques semaines inévitablement sur le même sujet : l’identité nationale. Les politiques nous demandent de réfléchir, à nous, citoyens de ce pays, ce que signifie être français. On a, alors, eu le droit à une dérive politique très impressionnante, où l’on confond identité française, immigration et religion et qui donne lieu à une chasse aux sorcières insupportable.
Mais là n’est pas le sujet de cet article. Depuis le début du débat, on ne voit que des politiciens, des historiens, des psychiatres et des célébrités donner leurs avis sur le sujet, mais qu’en pense le citoyen lambda ? Personnellement, je ne sais pas ce que pense le reste de mes concitoyens, mais je suis censée savoir ce que m’évoque ce sujet. Alors aujourd’hui, le citoyen lambda que je suis, va essayer de répondre à la question « qu’est ce qu’être français ? ».
J’ai beau me démener, j’ai vraiment du mal à y répondre. J’me suis donc mise à regarder ces fameux débats qui font aujourd’hui, l’objet du scandale.
Et scandale est le mot qui convient le mieux, car scandaleuse est l’utilisation de ce débat ,qui est utilisé uniquement à des fins politiques (élections régionales obligent) et a été dévié par la majorité présidentielle pour devenir aujourd’hui à la fois « une chasse à l’immigré » mais aussi une stigmatisation de la religion musulmane. On est bien loin du sujet de base.
On se croirait dans un mauvais remake du printemps 2002. Souvenez vous, l’insécurité était en plein cœur du débat politique ce qui avait largement crédité l’extrême droite de nombreuses voix lors des élections présidentielles…
Je me suis demandé alors où étais la France remplie de valeurs, la France ouverte à l’Europe, la France qui a pour devise « Liberté, égalité, fraternité ». Je me suis demandé si Eric Besson se souvenait de cette devise. Ou s’il se souvenait d’avoir, un jour, revendiqué qu’il voulait mener une politique sociale. J’ai eu envie de pleurer, parce que finalement, cette France qui rejette les fils des immigrés dont elle a eu besoin il y’a trente ans, je ne suis pas sure d’en être fière. J’me suis demandée si les gens qui avaient pleuré de joie devant la victoire de l’équipe de France « Black Blanc Beur » de 1998, étaient les mêmes que ce qui remettaient en question l’identité nationale de certains français, pas assez blanc pour eux. J’me demande si on se souvient qu’à une certaine époque, on défilait dans la rue pour lutter contre l’extrême droite. Ça m’a fait mal de voir un pays auparavant si ouvert, un pays qui a toujours lutter pour l’égalité et la tolérance, tomber dans les méandres de l’ignorance et de l’égocentrisme.
Piètre conclusion… mais je crois qu’on a le choix. On peut être en accord avec ce qui ressort de ces débats, et laisser notre pays devenir un nid d’intolérance.
Ou on peut affirmer ses valeurs. Décider qu’il en est autrement. Être fier du métissage de notre communauté. De sa culture musicale, littéraire, cinématographique, ou tout simplement artistique. Être fier de ce peuple, qui s’est toujours battu pour ses droits et ceux des autres. Considérer comme important d’aller voter et d’affirmer qu’on est en désaccord, ou non, avec tout ça. Parce qu’au final, ce qui est important, ce n’est pas seulement de dire que tout va mal, mais c’est surtout de se sortir les doigts du c** pour que les choses changent.
Parce que c’est ça pour moi l’identité national de la France. Être fier des richesses humaines et culturelles de notre pays, et surtout toujours avoir la possibilité râler et de dire notre mécontentement !
Laura M

Isic Rider
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Je connais ce tableau
Bel article, ça c’était calmé au niveau de la sur-présence dans les médias mais je crois que dans les jours à venir on est reparti pour un tour! C’est bien malheureux!
Ce débat fait (encore) la une aujourd’hui, et il est interessant de lire les propositions du gouvernement en réponse à ce débat (à voir sur lemonde.fr).
Elles sont soit démagogiques, soit beaucoup trop patriotiques!
moi aussi je me suis fait avoir au devoir… mais le titre exact du tableau, c’est « le 28 juillet 1830, la liberté guidant le peuple »… j’espère que le prof ne nous en voudra pas.
Pour en revenir au coeur du sujet, comme tu dis c’est assez marrant de voir à quel point ce débat politique est avant tout un combat pour les régionales. Lancé après la baisse d’opinions favorables suite à l’affaire Jean Sarkozy, il devait remonter la barre… erreur, tant critiqué, ce débat qui n’a fait qu’attiser les haines… devant l’échec assuré, juste avant les régionales, hop on clot un peu l’affaire par un séminaire… auquel Sarko ne participera pas, il va pas se mouiller non plus… son avenir est en jeu.
Pour finir sur une note un peu plus décontractée, ce débat aura eu le mérite de donner des idées… à deux braqueurs, qui ont braqué cette semaine une banque, vêtus d’une burqa…
Quelle merveilleuse idée de braquer une banque habillé en burqa ! De quoi donner l’occasion à nos journalistes et à nos politiques de mélange tout ça à la sauce amalgame, ce qui nous donnera : Burqa = braquage = DANGER.
Belle article. Certain points auraient eu le mérite d’être un peu plus approfondis et j’avoue avoir besoin d’un reste en temps que lecteur. Cela dit, je ne me plains pas parce que je ne sais pas si je pourrais écrire aussi bien un article et je ne suis donc pas à ta place.
Ta conclusion est à la fois parfaite vu le sujet: à l’étranger nous sommes bien vu comme des râleurs. Est ce une qualité? Ne le faisons nous pas trop? C’est un tout autre débat. Sur ce, continuer les articles, j’adhère.
Moi je trouve que c’est bien écrit, intelligent et juste. En un article c’est bien résumé et je crois que ton avis est bien passé
Bonne continuation a tous les rédacteurs, j’aime beaucoup ce petit journal